Tables rondes > Réflexions sur l’idée de voyageRéflections sur l'idée de voyage Mercredi 1er octobre de 14h à 16h Centre des Colloques, salle 3.02 Organisation : Enrique Fernández Domingo (LER, Université Paris 8), Cléa Fortuné (CREW, Université Sorbonne Nouvelle) Intervenant.e.s: Sergio Delgado (IMAGER, UPEC), Johanna Exenberger (LER, Université Paris Cité), Julio Zárate (LLSETI, Université Savoie Mont Blanc), Pascal Riviale (CNRS)
Argumentaire : Au cours des vingt dernières années, le thème du voyage a été abordé sous différents angles et à partir de différentes disciplines. À titre d'exemple, nous pouvons penser à un possible itinéraire non linéaire articulé à partir de livres tels que celui de Mary Louise Pratt (1997) sur les récits des voyageurs européens du XIXe siècle et la consolidation de l'impérialisme ; Beatriz Colombi (2004) sur « le voyage intellectuel », ainsi que des innombrables travaux qui soulignent l'importance des relations transatlantiques et de la circulation des savoirs, comme dans le cas de Pura Fernández (2015) dont le livre « la Re(d)pública transatlántica de la Letras » place au contre les échanges et les déplacements effectués par les femmes latino-américaines et espagnoles lors de la transition vers le XXe siècle ou, enfin, les travaux d’histoire culturelle de Sylvain Venayre (2006). Cette table ronde propose aborder le « voyage » définit comme le déplacement d'une personne dans l'espace sans être soumis à aucune contrainte physique ou psychologique. Ainsi, nous entendons par voyageur un individu qui parcourt une distance pendant une durée précise, motivé par l'objectif d'atteindre une destination prédéfinie, possible ou parfois inattendue, qui fait l'expérience du dépaysement, qui donne un sens au voyage lui-même et, enfin, qui vit une expérience intellectuelle, émotionnelle et physique qui suspend son rapport au monde. Cette approche concerne les voyageurs et les voyageuses, leurs récits écrits et visuels, leurs expériences de vie et sensorielles, leurs pratiques, leurs représentations, ainsi que les savoirs, les territoires et les paysages qu'ils traversent et re-signifient à travers leurs voyages. Le « voyage » est aussi envisagé en tant qu’un objet d'étude qui ne se réduit pas à la simple action d'aller ou d'être transporté d'un lieu à un autre. Au contraire, nous le définissons comme un mouvement dans l'espace et le temps qui peut aussi se caractériser par une rencontre avec l'étrangeté ou l'identification. Les ruptures produites par le départ suspendent le monde ordinaire, ou le remanient, et sont liées à l'intensité de l'immersion et à la durée de l'expérience de l'individu voyageur. Le « voyage » est aussi une rencontre avec les savoirs, les représentations, les corps, les sensibilités et les peurs qui habitent le voyageur ou la voyageuse lui-même et les personnes et paysages qu'il rencontre. Dans leur diversité, ces facteurs sont déterminants pour l'assimilation ou le rejet de la rencontre et, surtout, pour les sens et les transformations qui en découlent. Le « voyage » est considéré comme un ensemble conscient, organisé et cohérent d'éléments cognitifs, sensoriels, affectifs et évaluatifs, c'est-à-dire un événement temporel, spatial, social, genré et culturellement situé qui influence la perception de la personne qui effectue le voyage ainsi que l'environnement ou le lieu d'accueil. Pour rendre compte de son voyage, le voyageur ou la voyageuse doit utiliser des mots ou des images pour raconter son expérience. Cette action introduit une distance par rapport à l'expérience vécue pendant le voyage. Tout voyage implique donc une série d'opérations de dislocation et de traduction, dans lesquelles l’individu qui se déplace agit à la fois comme médiateur et comme inventeur des nouvelles réalités qu'il reconstruit. |
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